De Cabrerets à Saint-Cirq Lapopie par les vallées du Célé et du Lot
De Cabrerets à Saint-Cirq Lapopie par les vallées du Célé et du Lot
La douzaine de randonneuses et randonneurs – parité exactement respectée – avaient choisi la destination du Lot. Grand soleil annoncé pour ce dimanche entre deux jours de pluie, quelle chance ! Il fait quand même très frisquet puisque le thermomètre frise le zéro degré au petit matin et que le vent du Nord n’arrange pas les choses. Les yeux piquent un peu car le changement d’heure nous a confisqué une heure de sommeil !
Les trois voitures filent vers Cahors, remontent la vallée du Lot jusqu’à Bouziès au confluent du Célé et du Lot, pour atteindre le petit village de Cabrerets connu pour sa superbe grotte préhistorique de Pech Merle. Ce haut lieu touristique est déserté en ce dimanche hors vacances scolaires notamment parce que la grotte n’ouvrira qu’à Pâques.
Le départ est donné quand la cloche de l’église tinte à 9h30. Le sentier démarre derrière le cimetière et grimpe vite sur le causse (plateau karstique fortement érodé caractéristique des auréoles sédimentaires du sud et de l’ouest du Massif central) jusqu’à l’altitude 330 m. Après être passés devant l’entrée de la grotte, nous empruntons le chemin de Compostelle balisé GR 651 qui contourne les point culminants de Pech Merle et Pech Conduché (variations d’occitan : pech = puech = pueg = puig = puy = sommet) en dominant la vallée du Célé puis celle du Lot.
Les premières falaises du « Défilé des Anglais » apparaissent en descendant sur le Lot au niveau du château de Conduché. Un passage délicat d’environ 1 km nous oblige à nous mettre en file indienne pour longer la route étroite sous la falaise et sous un tunnel assez court. Pour rejoindre le village de Bouziès en rive gauche du Lot, il est nécessaire d’emprunter le pont suspendu très étroit (une seule voie automobile) d’où la vue sur la vallée est splendide.
Le château des Anglais comme l’un des nombreux troglodytes ou « creux fortifiés » construits à partir du XIe siècle le long du Lot, qui n’étaient accessibles uniquement avec des échelles, a servi de refuge pour les villageois à différentes époques. Le défilé a été fortifié pendant la guerre de 100 ans, ce qui explique son nom « Défilé des Anglais ».
Nous poursuivons en remontant les berges de la rive gauche du Lot en passant devant le petit port de tourisme qui accueille les pénichettes qui naviguent sur le Lot à la belle saison. La direction de St-Cirq Lapopie via le chemin de halage est indiquée sur les panneaux des GR (36 et 46).
Le sentier se rapproche de la haute falaise blanc et ocre et finit par s’insérer sous la roche pour longer la rivière. Ce chemin de halage large de quelques mètres de large (300 m de long, 2 m de haut) a été taillé dans la roche pour laisser passer les chevaux qui tiraient les gabares remontant le fleuve avec les mariniers. En communication avec Bordeaux d’où ces bateaux à fond plat remontaient le vin et la morue, et avec la haute vallée du Lot (vers Conques) d’où ils y redescendaient le bois et d’autres marchandises (truffes, noix…), c’était un axe de communication stratégique. L’extrémité amont du chemin de halage a été sculptée par un artiste toulousain, Daniel Monnier en 9 mois répartis de 1987 à 1989. Ce bas-relief tout en courbes est balayé par les reflets de la rivière.
Nous quittons ce chemin en encorbellement qui rappelle à certains randonneurs le chemin de la mature dans les Pyrénées, ici l’abîme montagnard est remplacé par la profondeur des eaux du Lot.
Il nous reste à grimper au village de St-Cirq Lapopie d’où nous admirons la vue exceptionnelle sur la vallée. Le village accroché au versant est encore très peu fréquenté et nous pouvons pique-niquer tranquillement sur les quelques marches devant l’office de tourisme au soleil et à l’abri du vent.
Nous rentrons ensuite par un itinéraire différent, celui d’un PR qui grimpe au-dessus de la falaise et domine le village puis le « Défilé des Anglais ». La boucle pédestre en milieu forestier nous ramène à Bouziès où nous retraversons le pont suspendu.
De là, l’itinéraire de retour pourrait emprunter le même chemin qu’à l’aller mais la co-animatrice Valérie, fort bien avisée, propose de le « raccourcir » en s’échappant sur une trace balisée PR qui s’approche davantage de la crête ce qui nous permet d’admirer le point de vue sur les falaises et sur le village de Cabrerets blotti au fond de la vallée du Célé.
Nous arrivons à Cabrerets quand la cloche de l’église sonne les 17 heures. Le circuit – deux boucles réunies par un trait d’union – totalise 22 km et 650 mètres de dénivelé, soit un peu plus que ce qui avait été estimé par l’animateur…
Le pot de l’amitié est célébré dans un gîte d’étape en pleine nature sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle où nous sommes très bien accueillis. Les boissons chaudes ou froides sont accompagnées de nombreuses pâtisseries, merci aux randonneuses et randonneurs attentionnés !
Le retour à Colomiers s’échelonne selon les voitures entre 20h et 20h30.
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