Le Pic de Fonta

Le Pic de Fonta

Nous étions 5 randonneur.e.s à 6h45 au rendez-vous sur le parking derrière la mairie de Colomiers, dimanche matin.  Covoiturage parfait (voiture complète) pour 2 heures de route en direction de l’Ariège et plus exactement de Couflens dans la vallée du Haut-Salat. À Couflens, la petite route monte en sinuant vers le hameau de Lasserre où un petit parking a été aménagé pour quelques voitures devant la barrière qui interdit l’accès au col de Pause aux riverains et ayant droits. Un couple de randonneurs part devant nous pour le même objectif.

À 9h pétantes le petit groupe est prêt, chaussures aux pieds, bâtons en main et sac sur le dos, pour débuter sur le sentier qui monte (ou plutôt qui grimpe de façon « soutenue ») au Pic de Fonta. 

Le départ du sentier est à 1100 mètres d’altitude et le sommet à 1930 m, soit un bon dénivelé.  Nous nous apercevons rapidement que l’expression ariégeoise « le chemin est tout droit » se vérifie ici aussi, sans lacets, ou si peu … La pente est même très forte par endroit. Le chemin arrive quasiment immédiatement dans les estives après avoir traversé un sous-bois ombragé, heureusement un petit vent frais nous aère.

Une petite pause en lisière de forêt s’impose au-dessus du lieudit Esplas vers 1400 m d’altitude avant d’attaquer les pentes ensoleillées. Les courbes très resserrées de la carte IGN nous annoncent une bonne grimpette jusqu’à 1700 m. Au loin, un nombre très important (plusieurs dizaines) de vautours survole notre itinéraire vers le sommet et plus tard les ombres de ces grands planeurs nous surprennent au-dessus de nos têtes.

Arrivés à la côte 1750 m, le marquage devient incertain et nous nous égarons quelques dizaines de mètres dans la mauvaise direction avant de reprendre la trace convenable. On aperçoit vite le sommet et une surprise nous attend. Au pied du sommet, il y a une cabane non répertoriée jusqu’à présent. Il s’agit d’une cabane mobile qui est déposée en hélicoptère pour l’estive. 

Les derniers mètres avant le sommet font crier nos mollets et nos cuisses et nous atteignons le Pic de Fonta à 11h45 après 2h45 de montée pour près de 850 m de dénivelé ce qui est très honorable.

Nous nous installons sur l’herbe pour le pique-nique entre l’antenne-relais et le pluviomètre. Le panorama entaché d’aucun nuage nous fait découvrir une partie du Couserans, du Haut-Salat et partout les sommets, dont le seigneur de l’Ariège : le Mont-Valier, si près qu’on pourrait le toucher. Alain nous nomme un par un tous les sommets qui s’étalent devant nos yeux comme un chapelet. Ébahis, mais sans nous couper l’appétit, le spectacle est incroyable et nous restons à le contempler près d’une heure et demie sur place, en profitant de la douceur de la météo. L’option de la redescente par la crête nommée « Serre de Durban » est vite abandonnée en voyant ses pointes acérées pointées vers le ciel sans y distinguer le moindre sentier… ou si peu !

Le Mont Valier

Juste avant de quitter le sommet, deux chiens aboyant nous signalent l’arrivée du berger lourdement chargé. Il revient finir son estive pour une quinzaine de jours. Il nous explique qu’il a un petit troupeau, « seulement 600 brebis », caché sur l’autre versant à l’ombre et que nous n’avons donc pas vu. « pour l’herbe, ç’a été limite pour les nourrir malgré la canicule, mais il n’a pas fallu redescendre avec le troupeau comme cela a été le cas ailleurs dans les Pyrénées, l’estive est grande pour un petit troupeau ». Par contre, ce qui l’a beaucoup stressé ce sont les feux qui se sont déclenchés sous la Serre de Durban. Nous verrons les secteurs incendiés à la redescente. « Il a fallu une intervention aérienne des pompiers pour les arrêter à plusieurs reprises car ils reprenaient la nuit dans les tourbes. »

Après cette discussion, nous reprenons le chemin du retour par une longue traversée depuis la côte 1750 m jusqu’au col de Pause (1525 m) à travers les herbes où le chemin n’est pas balisé. Les chevilles sont mises à rude d’épreuve car les pieds sont constamment en dévers sur des touffes de gispets instables. 

Il nous faut aussi traverser avec attention deux ravins où les mains sont parfois mises à contribution.

Nous observons en effet deux secteurs incendiés sous la Serre de Durban.

Enfin, après une traversée sous la fraicheur relative d’un sous-bois, nous atteignons le col de Pause ou bien sûr une pause s’impose !

Nous quittons le PR (partiellement) balisé de jaune pour suivre le GR qui rejoint la piste environ 1 km en amont du parking de Lasserre. Nous y sommes vers 16h30. Il y fait beaucoup plus chaud que ce matin.

Quelque peu déshydratés, le pot de l’amitié à Seix est bienvenu à l’auberge L’Escaleta où la terrasse est bondée. Merci à Sylvie, Jocelyne et Françoise qui ont amené des gâteaux et friandises.

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