La Résurgence de la Gourgue (Tarn-et-Garonne)
La Résurgence de la Gourgue
À la limite du Quercy et du Rouergue, les gorges de l’Aveyron abondent de sites de randonnées balisées PR (promenade et randonnée) au départ de Saint-Antonin-Nobleval dans le Tarn-et-Garonne. À 1h30 de Colomiers en voiture, la beauté de ses sites est étonnante.
Un groupe de 9 randonneurs et randonneuses (défection d’un randonneur souffrant) – partis à 7h du rendez-vous habituel – était prêt dès 8h45 à affronter le brouillard de la vallée dans une ambiance proche de zéro degré. Après le franchissement du pont pour regagner le village médiéval, le groupe traverse le marché de plein-vent installé autour de la superbe halle de pierre et de bois, repère le café où il fera bon prendre le pot de l’amitié au retour de la boucle de marche, cet après-midi.
Le sentier du Santou nous mène le long de la vallée de la Bonette (affluent de l’Aveyron), mais pour l’instant pas question d’admirer le panorama depuis le hameau de Maillolong, notamment les superbes falaises que l’animateur avait promis, totalement masquées par le brouillard épais. L’humidité et le froid pénétrant nous incitent à marcher sans relâche. D’anciennes manufactures abandonnées : cartonnerie, ferronnerie, etc… rappellent que la cité de Saint-Antonin a été très active.
Nous rejoignons la rive droite de la Bonette grâce à un pont et découvrons un peu plus loin un autre cours d’eau aux cascades fumantes et au débit impressionnant, nous sommes en aval de la résurgence de la Gourgue, l’objectif de notre marche. La température de cette eau sortie des entrailles de la Terre est supérieure à celle de l’air ambiant d’où son aspect bouillonnant et fumant.
En suivant la rive droite du cours d’eau, le PR 8 nous mène à la rencontre du GR 46 en direction de la résurgence de la Gourgue (du latin « Gorga » = gouffre, tourbillon d’eau, abîme…) Au niveau d’une barrière, une bifurcation du sentier nous mène à la résurgence qui alimente en partie en eau potable les habitants de Saint-Antonin. L’ambiance est mystérieuse, embrumée, les arbres tortueux sont recouverts de mousse, l’eau est fumante et se mêle aux brumes du matin, les grottes se succèdent… sommes-nous arrivés dans les Terres du milieu, trouverons-nous le Seigneur des Anneaux aux confins de la grotte ?
La résurgence et le débit d’eau qui sort de la terre sont impressionnants après la période de pluie de ce début d’hiver. La résurgence fait une dizaine de mètres de diamètre et forme une nappe circulaire qui paraît très profonde, il est interdit de se baigner dans cette zone de captage protégée par une clôture… mais l’idée ne nous est même pas venue à l’esprit en cette journée glaciale ! La géologie explique ce phénomène : les reliefs karstiques (où le calcaire se dissout sous l’action de l’eau) contiennent des réseaux d’eau souterrains qui affleurent parfois au pied des falaises le long des vallées ou des gorges. L’eau y ressort sous pression comme aujourd’hui après des pluies abondantes. Le ruisseau est parfois à sec en été.
Si l’Aveyron était boueuse, l’eau de la Gourgue en aval est d’une clarté parfaite presque intrigante. Séduits par cette atmosphère irréelle, nous cheminons ensuite le long du ruisseau transparent situé en amont de la résurgence, le sentier l’enjambe, puis nous le quittons pour faire quelques dizaines de mètres jusqu’à une grotte dont l’ouverture est béante sous une dalle de calcaire. L’endroit est encore magique… nous posons pour la photo de groupe. Nous rebroussons chemin jusqu’à la barrière et reprenons l’itinéraire de la boucle pédestre du PR8.
Quand nous repartons, le ciel est complètement dégagé presque bleu et nous découvrons un paysage spectaculaire. Au Pech Dax (altitude 313 m) nous contournons une ferme à l’architecture typique : habitation ornementée d’un « baylet » (escalier d’entrée amenant à une terrasse couverte avec colonnade, grange et pigeonnier imposants) avant d’arriver à la chapelle en ruine, point sublime et dernière étape du chemin du Calvaire qui débute à Saint-Antonin au fond de la vallée.
Le point de vue à sur les falaises blanches des gorges de l’Aveyron, le roc d’Anglar à son sommet, la vallée de la Bonette et le village en contrebas est une belle récompense après quelques heures de marche dans le brouillard !
Un panneau pédagogique rappelle que la population de Saint-Antonin-Noble-Val – cité protestante – a été persécutée au Moyen-âge.
La descente est brutale et raide par un chemin en lacets jusqu’au village où nous arrivons vers 14h30 après 15 km de marche. Nous rejoignons les voitures garées sur la rive gauche de l’Aveyron pour se délester des sacs à dos et changer de chaussures avant de s’installer au chaud dans le sympathique bar de la place centrale du village où les boissons chaudes font l’unanimité pour ce pot de l’amitié. Merci pour les pâtisseries et les madeleines « maison » !
♦ Marcheur ♦












