Courtaou de la Lit – Cabanes de Bénaquès

Courtaou de la Lit – Cabanes de Bénaquès

Drôle de nom pour une sortie, non ? Il nous faut donc faire un peu de traduction du patois. Le « courtaou » est un rassemblement de cabanes de bergers en estive. La « lit » désigne un couloir d’avalanche.

Le lieu de notre randonnée du jour se trouve au fond de la très belle vallée de Lesponne au-dessus de Bagnères-de-Bigorre, au lieu dit Chiroulet, point de départ de nombreuses randonnées pédestres autour du Pic du Midi et ses vallées adjacentes.

Deux voitures de 5 randonneuses et randonneurs chacune arrivent au point de départ à 9h00 pile soit après deux heures de route.

Il fait très doux en cette fin mai déjà estivale, à 1 050 m d’altitude la piste forestière grimpe très vite de façon soutenue heureusement en sous-bois donc à l’ombre. La piste se transforme rapidement en sentier. Malgré les lacets la pente est raide. Le trajet qui nous attend pour monter à 1 500 mètres soit 456 m de dénivelé pour une distance de 2 km 350 est court mais en dit long sur la pente : 20 % !

Nous montons doucement avec des pauses régulières mais le doyen du groupe doit renoncer et redescendre accompagné par le second animateur jusqu’à la piste. Il profitera tranquillement de la journée au charmant hameau de Chiroulet et son bar bien fréquenté en ce week-end prolongé !

Le groupe (de neuf randonneurs désormais) atteint la lisière supérieure de la forêt de hêtres et sapins et découvre l’estive et son panorama complètement dégagé sur les sommets encore un peu enneigés et notamment le Pic du Midi coiffé de l’antenne qui domine son observatoire. Quelle belle récompense !

Le Courtaou est tout de suite visible et ses petites cabanes en pierre sèche sont très attirantes. Le site du XIXe siècle a été remarquablement rénové par Georges Buisan (1921-2010) et son association de bénévoles de 1977 à 2010.

Le groupe visite les petites cabanes de berger et fait la connaissance d’une famille dont deux jeunes garçons ont dormi dans une des cabanes alors que leurs parents campaient plus loin sous un ciel étoilé. Ils sont ravis de cette expérience.

Le « courtaou » est un terme du dialecte local qui désigne, en montagne, le village d’altitude où les bergers et les troupeaux séjournaient durant l’été. « Lit » signifie avalanche ou couloir d’avalanche.

Les cabanes du Courtaou de la Lit ont été utilisées jusqu’en 1950 par les vachers de la vallée de Lesponne.

Situé en balcon face au pic du Midi de Bigorre, ce merveilleux ensemble pastoral a été patiemment restauré par l’équipe de bénévoles de George Buisan durant de longues années. Après de nombreuses recherches sur le passé pastoral de la région et surtout après les formalités administratives nécessaires, les travaux de restauration démarrent en 1977. Patiemment, avec les matériaux et les techniques de l’époque, cabane après cabane, le courtaou se relève grâce à l’immense travail de Georges Buisan et ses amis pendant une trentaine d’années.

Les cabanes disposent d’une cheminée et d’un bat-flanc. À l’extérieur, la rigole qui acheminait l’eau aux « Leytés » (petits abris de pierre où les bidons de lait étaient maintenus au frais) est toujours visible.

Georges Buisan nous a quittés en 2010 à l’âge de 86 ans. Une pierre gravée de son nom, apposée sur une cabane, rappelle le souvenir de cet amoureux de la montagne, qui nous laisse au Courtaou de la Lit un magnifique témoignage de la vie pastorale d’antan. George Buisan, a écrit plusieurs ouvrages :

Il est 11 heures, donc trop tôt pour déjeuner. Le groupe décide de s’attaquer au 2ème objectif de la journée : rejoindre les cabanes de Bénaquès situées 150 mètres de dénivelé plus haut (à 1 650 m d’altitude). 

Le sentier devient plus technique, il faut franchir de petites barres rocheuses et un torrent à gué pour atteindre une autre estive.   

Un groupe d’éleveurs et leurs familles ou amis se sont déjà réunis devant l’une des deux cabanes car ils viennent visiblement d’amener le premier troupeau de brebis à l’estive. Leurs boissons rafraîchissantes attendent au frais dans l’eau d’un petit ruisseau. 

Nous nous installons devant la seconde cabane pour pique-niquer. Il est midi et les cumulus commencent à bourgeonner sur les sommets mais rien d’inquiétant.

Nous redescendons vers 13 heures et rejoignons sans encombre le Courtaou de la Lit où une nouvelle pause est la bienvenue pour profiter de cet endroit bucolique avant la redescente rapide à travers la forêt où les mollets et les genoux sont mis à rude épreuve.

Nous retrouvons notre compagnon se reposant auprès des voitures garées le long de la route.

Le bar de Chiroulet nous accueille pour le pot de l’amitié, son jardin bien ombragé est bien agréable même s’il fait déjà très chaud pour la saison. Les papilles réhydratées, nous y restons un bon moment à discuter et refaire le monde. Merci à Claire pour son gâteau !

Gentiane printanière
Globulaire
Asphodèle
Grassette

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