Boucle du Roc de Quercourt
Boucle du Roc de Quercourt
Depuis plusieurs jours, les prévisions météo n’étaient pas très bonnes avec des prévisions d’averses orageuses… mais les Cémécistes sont tenaces car, in fine, samedi midi (l’ultimatum fixé pour annuler ou non la rando) le beau temps était annoncé avec seulement des risques d’orage en fin d’après-midi. Ce sont donc 7 randonneur.e.s qui étaient fidèles au rendez-vous dominical pour la messe pyrénéenne…
Partis à 7h00 de Colomiers et arrivés à 9h00 sur le petit parking de l’aire de pique-nique de Camurac (Aude), à 9h15, les randonneurs mettent pied sur le sentier balisé (jaune PR puis blanc/rouge GR) qui décrit une boucle de 14,4 km en passant par le Roc de Quercourt à 1 819 m exactement.
À 1 200 m d’altitude, le paysage du pays d’Aillou est composé de vastes étendues de pâturages et de vertes forêts de feuillus et épineux. Quelques villages pastoraux : Prades, Comus, Camurac, Montaillou se sont regroupés dans ce piémont pyrénéen à la limite de l’Aude et de l’Ariège : le pays d’Aillou.
Le sentier s’élève d’abord doucement puis de façon soutenue en forêt. Difficile de prendre un rythme car un trail a été organisé dans le sens inverse. Des dizaines de coureurs partis probablement de la petite station de ski plus haut dévalent la descente et nous sommes obligés de nous arrêter pour les laisser passer sur ce sentier étroit. La rencontre se passe bien et nous rencontrons les derniers trailers avant d’arriver sur le domaine skiable (fond et alpin) de Camurac dont les remontées mécaniques les plus basses semblent désaffectées car sans câble.
Le paysage s’ouvre quand nous abordons les clairières et nous apercevons le St-Barthélémy (2 348 m) et ses restes de névé. En quittant la station de ski, des sifflements aigus se font entendre, une marmotte dressée sur ses pattes arrière alerte sa tribu et chaque marmotte rejoint son terrier avant notre passage.
Un peu plus loin à la lisière de la forêt qui couvre le versant nord de la montagne, un beau renard file devant nous dans la prairie avant de se faufiler à l’abri des regards sous la futaie.
Nous grimpons par une pente assez raide jusqu’aux estives et découvrons un paysage depuis une table d’orientation : les sommets encore enneigés de l’Ariège et de l’Andorre, la vallée d’Ax, le pays de Sault. On repère quelques stars : le Bugarach, le Ruhle, la dent d’Orlu, etc.
L’itinéraire très sommairement balisé suit la crête d’orientation SO/NE et domine une immensité d’estives où les grands troupeaux de vaches font déjà sonner leurs clarines.
Nous atteignons le Roc de Quercourt, notre objectif et point culminant de la randonnée à 1 819 m d’altitude à 12h15 après 3 heures de marche, 6,5 km et 600 mètres de dénivelé parcourus.
Après une pause déjeuner d’une heure où nous dégustons aussi le panorama à 360 degrés, nous reprenons la randonnée en suivant les crêtes à travers les herbes jusqu’aux genoux.
Arrivés au col de Balagues, nous changeons de direction en obliquant vers le Nord et quittons les estives en amorçant la descente vers la forêt domaniale d’Aillou.
Le tracé est mieux balisé dès que nous empruntons le sentier de Grande Randonnée et notamment le GR 107, le chemin des cathares.
En forêt, nous nous immobilisons et restons silencieux quelques minutes : un chevreuil remonte le chemin dans notre direction, il ne nous a ni vu, ni senti, ni entendu et broute tranquillement de droite à gauche en remontant le chemin forestier. Arrivé à quelques mètres de nous, il lève la tête, nous aperçoit et file sans demander son reste. Quelle belle rencontre ! Après les marmottes et le renard, tout le monde est ravi.
Nous atteignons le village de Montaillou, bien connu par l’ouvrage qui lui est consacré « Montaillou, village Occitan » d’Emmanuel Le Roy Ladurie qui relate la vie du village de 1294 à 1324 pendant la persécution des Cathares, à partir de l’enquête de Jacques Fournier, inquisiteur qui devint plus tard pape d’Avignon. Du château cathare de Montaillou, ne subsistent que deux hauts murs en ruine.
Pour rejoindre notre point de départ, il ne nous reste plus qu’une poignée de kilomètres à parcourir à découvert par une piste à plat à travers champ et quasiment sans ombre, nous profitons donc d’une belle fontaine pour nous rafraîchir et tester nos serviettes rafraîchissantes qui s’avéreront réellement magiques !
Nous atteignons notre point de départ/arrivée à 16h15, fiers de nous, car nous avons marché 6 heures (sans compter les petites pauses) alors que le topo indiquait 5h50 !
L’aire de pique-nique nous accueille avec ses tables, ses bancs ombragés installés près de l’étang où nous plongeons nos pieds nus dans l’eau fraîche. Nous y restons un bon moment à nous remémorer le chemin parcouru et ses bons moments, on est si bien ici !
Le patron du bar-restaurant de Prades, nous accueille chaleureusement pour le pot de l’amitié sur une grande terrasse bien ventilée au milieu de la verdure, là encore nous nous attardons jusqu’à 18 heures à refaire le monde, pas trop pressés de retrouver la touffeur de Toulouse et ses 31°C à 20 heures !
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