Week-end au Refuge du Haugarou

Week-end au refuge du Haugarou

13 participants : 7 dames et 6 messieurs — LIEU : HÉBERGEMENTS CAMPING/GITE D’ÉTAPE/REFUGE DU HAUGAROU (1210 m) dans LE VAL DU BERGONS secteur d’ARGELÈS-GAZOST, HAUTES PYRÉNÉES.

♦ Samedi ♦

Départ de COLOMIERS à 7h. Après une petite halte au petit village de GEZ, nous arrivons au départ de notre première randonnée de ce week-end au lieu-dit « LES ARTIGUES » à 1067 m d’altitude (à 3 km de notre hébergement). Un nouveau départ a été balisé (TOUR DU VAL D’AZUN) en dessous de l’ancien mais nous restons, malgré une clôture, sur l’ancien tracé. Le ciel est gris mais rapidement les premiers rayons du soleil nous réchauffent.

Nous avons décidé de rester ensemble (les trois niveaux) pour cette montée, sur un sentier bien balisé, en sous-bois. Les premières couleurs d’automne sont déjà là et donnent une ambiance supplémentaire. Les colchiques nous accompagnent et une petite heure suffit pour arriver au COL DE COURET (1351 m). « Petit à petit » les nuages se déchirent et nous apercevons les premiers sommets (CABALIROS, MOUN NÉ DE CAUTERETS, GRAND GABIZOS…). Une table en bois nous permet de faire une petite pause.

Le groupe « Marcheur » décide de monter un peu plus haut (ils prévoient de revenir par le même itinéraire à la voiture pour assister à la transhumance qui passe par le refuge), les deux autres groupes poussent jusqu’au SOUM D’OSTES 1465 m. Là nous nous consultons à nouveau. ERIC décide de réaliser un circuit par LE COL DE COURADUQUE et descendre directement au refuge (il accompagnera la transhumance).

Retour d’Estive

Après avoir laissé le groupe Rando 2 qui visait le Soum de Pene et le groupe Marcheur qui retournait à Artigues, j’optais pour une boucle rejoignant le refuge de Hougarou en passant par le col de Couraduque, sans avoir à reprendre la voiture.  Le pique-nique, malgré la vue panoramique sur le Val d’Azun, fut vite avalé car mes souliers redemandaient de la marche… et la brume envahissait l’horizon. Le silence de la forêt fut bientôt interrompu par un concert de cloches assourdissant. Ce vacarme dont la source m’était encore invisible semblait venir du Val d’Azun… 5 minutes plus tard, en effet, un troupeau d’une trentaine de blondes d’Aquitaine franchissait le col mené par 4 bergers, une bergère et un jeune labris (race de chien de berger pyrénéen).

Je me retrouvais ainsi seul randonneur au milieu de ce sympathique équipage et effectuait l’itinéraire pendant une heure et demie à suivre ce retour d’estive. Discutant à bâton rompu avec le berger propriétaire et responsable du troupeau, fort affable et ouvert à la discussion, j’apprends beaucoup sur le métier. Tout d’abord, ce retour d’estive se fait en 3 jours sur une distance de 80 km pour rejoindre la basse vallée d’Ossau près de Pau, avec 2 nuits en prairies, plusieurs vallées à franchir (Azun, Bergons…) 

Ce parcours qui semble bucolique dans un paysage montagnard particulièrement beau n’est toutefois pas une sinécure ni pour les hommes ni pour les animaux (la plupart des vaches sont prêtes à vêler). La pause de midi — repas en famille — au refuge d’Haugarou est vraiment bienvenue. J’apprends que le berger a été obligé de faire la transhumance en 2 fois pour évacuer plus tôt les brebis menacées par un ours qui lui a déjà tué 3 vaches pleines. Une expertise menée par une association d’éleveurs sera nécessaire pour contredire les gardiens « pro ours » du parc national lors d’une prochaine réunion à la sous-préfecture d’Argelès-Gazost. Malgré ces difficultés le berger souhaite poursuivre son métier et surtout cette transhumance traditionnelle (sans utiliser le camion pour transporter ses bêtes).Toutes les vaches ont une cloche d’où ce joyeux tintamarre ! Chaque cloche est attachée au cou de la vache par un joli collier décoré sur fond bleu. Deux énormes cloches célèbrent les anniversaires du berger (ses 40 ans et ses 50 ans) avec son patronyme et son prénom.
Je vous passe bon nombre de détails sur l’organisation de l’estive, la garde du troupeau, etc. Ces quelques heures de marche en bonne compagnie pastorale passent à grande vitesse malgré le rythme lent des animaux qui divaguent à la recherche de la meilleure herbe. Le berger en profite pour me montrer des traces de cerf dans un talus forestier et me prédit un autre concert ce soir : le brame des cerfs. Ce qui me fut confirmé par certains de mes voisins de tente (moi je dormais comme un loir !)

Le troisième niveau (nous serons 10) va poursuivre jusqu’au SOUM DE LA PÈNE (1616 m) par une crête parfois un peu aérienne (GR TOUR DU VAL D’AZUN). Il est 12h45 quand nous posons nos pieds au sommet. Le panorama est magnifique, surtout avec la brume qui vient de temps en temps passer près du sommet, ce qui donne une ambiance haute montagne, au loin LE PIC DU MIDI DE BIGORRE en passant par LE BALAITOUS. Bien sûr c’est l’heure de prendre notre repas (et des photos). Malgré une altitude modeste, nous prenons plaisir de ce moment féerique… le vol de quelques vautours agrémente aussi notre randonnée. Puis c’est l’heure du retour, sous le ciel bleu, en repassant au premier sommet (spectacle haut en couleur offert par les parapentistes).

Nous voici de retour au col, puis par le même itinéraire aux voitures, il est 16h. Maintenant il nous faut rejoindre le refuge par la route pour nous installer au camping et en dortoir. 

Le Refuge du Haugarou

Après « un brin » de toilette (plus d’eau au refuge, bidons d’eau… froide), nous prenons l’apéritif autour d’un petit feu de bois, une réalisation collective initiée par Karine et mis en l’honneur à l’occasion de l’anniversaire de mariage de Catherine et Franck et de leur apéro pétillant ! (merci à eux) suivi du repas (concocté par MURIEL) à l’intérieur du refuge à la bougie (belle ambiance).

 
♦ Dimanche♦

Le lendemain, lever autour de 7h, pour prendre notre petit déjeuner (copieux) à 7h30. Départ de nos diverses randonnées sous un ciel un peu « bâché » à 9h. Nous partons tous ensemble, puis petit à petit les groupes (prévus) se forment. Pour les « MARCHEURS » ce seront les cols de BAZES et BERBEILLET ; « La RANDO 2 » cherche l’itinéraire pour le SOUM DE GRANQUET mais au bout d’une petite heure abandonne car très « broussailleux » donc demi-tour et va rejoindre l’itinéraire du PIC DE BAZES, proposé pour « la RANDO 1 » par le GR COL DE BAZES (1504 m). 

Les Marcheurs

La Rando 1

La Rando 2

Nous retrouvons nos amis(es) qui entament la descente du pic, nous continuons la montée, arrivons au sommet à midi. Le panorama à 360° est splendide et aérien. Le ciel est voilé mais tous les sommets avoisinants sont dégagés (les mêmes que la veille plus LE PIC DE NÉOUVIELLE FACE OUEST) mais le paysage plus verdoyant alentour est plus joli proche du sommet. A l’abri d’un petit vent froid, nous prenons notre repas et profitons du spectacle… 

Puis nous rejoignons nos amis(es) au col, et ensemble retrouvons le refuge (la pluie menace). Nous démontons au sec nos tentes, prenons le pot de l’amitié au refuge (offert par VANESSA et MICHEL les gérants du refuge).

Retour sur COLOMIERS autour de 19h30. En résumé, un week-end « sympa », aux multiples facettes : les pâtes bolognaises de Muriel, les 7 tentes du camping, le brame du cerf et la chouette la nuit… et l’accueil chaleureux de nos hôtes encore un peu inexpérimentés dans leurs nouvelles missions, mais si attentifs !